StrongFirst : devenir forte

Ma découverte de StrongFirst

J’ai découvert le système StrongFirst en 2012, par biais d’Alexey. A l’époque, je pratiquais le Vovinam, art martial vietnamien, en raison de 2 à 3 séances par semaine. La préparation physique était un concept qui m’était inconnu. A part les pompes, les sauts et autres abdos, je n’y connaissais pas grand-chose.

Des amis m’ont parlé du système StrongFirst. Ça avait l’air intéressant, mais j’avais du mal à faire la corrélation avec l’art martial que je pratiquais. Je me disais que je n’avais pas le temps pour une activité physique supplémentaire.

Je m’investissais de plus en plus dans la pratique du Vovinam. Et puis, un jour je me suis blessée en essayant d’exécuter une technique de ciseaux. Le lendemain, j’ai senti une douleur atroce dans la jambe, un foudroiement à chaque pas que je faisais. Verdict : hernie discale avec irritation du nerf sciatique.

J’avais tellement mal que j’ai dû arrêter définitivement le Vovinam. J’ai tout de même continué à marcher de façon soutenue. Je pensais que ça passerait en bougeant, mais je n’ai fait qu’augmenter l’irritation du nerf. Je suis restée clouée au lit et dans le canapé plusieurs semaines, je ne pouvais même plus aller travailler. Mon ostéopathe pensait qu’un jour ou l’autre, je devrais être opérée de cette hernie. Psychologiquement, c’était très difficile.

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StrongFirst : mes premiers pas

Finalement, avec beaucoup d’anti-douleurs et de repos, la souffrance est partie. Je ne pouvais plus pratiquer de sports « violents » selon mon ostéopathe. Donc, plus de Vovinam où les chutes et les torsions du rachis sont fréquentes. Encore un coup de massue. Suite à cet événement malheureux, j’ai repensé à l’importance de la préparation physique. La vérité est que je n’avais pas la force, pas la condition pour pratiquer cet art martial comme je le faisais. Il a fallu une blessure grave pour que je m’en rende compte.

Ça a été un traumatisme, une étape de ma vie à passer. Je ne pouvais plus décider à la place de mon corps. Psychologiquement, ça n’allait plus. Je ne savais pas comment faire pour m’en sortir. Je me sentais nulle, bonne à rien, moche, triste. Mon mode de vie était devenu beaucoup moins sain puisque je ne voyais pas d’avenir pour mon corps. Je me plaignais toujours de mon physique, mais je ne trouvais rien à faire pour le changer. On croit que le Changement est quelque chose de fulgurant, magique, mais beaucoup plus souvent c’est un chemin, long et laborieux.

J’ai fini par prendre contact avec Alexey pour participer à un stage d’initiation aux techniques d’exercices de préparation physique avec Kettlebells. La première chose qui m’a inquiétée était de savoir si d’autres femmes y participeraient. Alexey m’a rassurée en me disant qu’il y avait bien des femmes qui venaient à ses stages. Bon, ce jour-là j’étais la seule, mais ça ne m’a pas empêchée d’apprécier. On a tous pris des poids légers pour l’apprentissage. Donc, pas de pression physique, ni psychologique.

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StrongFirst, Kettlebells et les femmes

Au premier abord, le Kettlebell n’est pas un objet très « glamour », c’est clair. Une boule de fonte avec une poignée, ça peut rebuter pas mal de gens. Mais quand on commence à l’apprivoiser, à en faire un outil de force et de bien-être, alors il devient une grande richesse. Il ne faut surtout pas avoir peur de faire ce premier pas.

A l’époque, il n’y avait pas de femmes représentant StrongFirst en France. J’ai commencé à faire mes propres recherches sur Internet. J’ai découvert que le Kettlebell était très apprécié par les femmes partout dans le monde que ce soit chez StrongFirst ou dans d’autres organisations qui utilisent cet outil. La France n’est pas vraiment avancée par rapport au monde du fitness en général, bien qu’on commence à voir un certain engouement sur les réseaux sociaux. Le Kettlebell reste malgré tout assez méconnu ou plutôt « mal connu ».

Nous l’utilisons comme un outil. Il nous permet de renforcer notre corps dans sa totalité. Dans notre système, il n’y a pas de travail d’isolation. Et finalement, quand on veut un corps fort et coordonné, c’est logique de travailler de cette façon. La force et la coordination ne sont pas dissociables.

Du coup, pas de panique, vous ne ressemblerez jamais à une bodybuildeuse ! Combien de fois j’ai pu entendre « tu vas devenir trop musclée, tu vas t’épaissir » et j’en passe. Depuis 5 ans que je pratique le Kettlebell version StrongFirst, j’ai perdu 7 kilos. C’est vrai que les muscles se dessinent puisqu’il y a une perte de masse grasse et un gain de masse musculaire, mais cela reste féminin. Aujourd’hui, nous avons une vraie communauté de femmes qui pratiquent en France et nous en sommes fières. Demandez-leur, elles vous confirmeront mes paroles.

StrongFirst : mon évolution

Revenons à nos moutons. J’ai donc continué l’apprentissage avec Alexey en participant à tous les autres stages d’initiation. J’ai travaillé sur ma technique jour après jour pour pouvoir devenir monitrice RSKB. C’était un objectif que je m’étais fixé à l’époque, avant même de réfléchir à la certification SFG1.

En réalité, n’importe qui peut se présenter à la certification pour devenir instructeur, sans avoir suivi aucun stage au préalable. Mais c’est un pari risqué ! Le monitorat permet d’évaluer la technique parce qu’avant tout, c’est ce que nous recherchons, une technique parfaite. Ou, tout au moins, assez solide pour pouvoir ensuite ajouter du poids sans risquer de se blesser.

Après avoir obtenu le monitorat en 2014, j’ai décidé que mon objectif pour 2015 serait de devenir instructrice SFG.

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La certification SFG 1

Devenir instructeur StrongFirst implique un investissement aussi bien physique que mental. La certification se passe sur un weekend intense de 3 jours et il faut s’y préparer. J’ai passé ma certification à Vicenza en Italie, le weekend du 12 Juin. J’étais accompagnée de Ronan Hémon qui passait également sa certification, Serge Pelletier, instructeur SFG1 venu en tant qu’assistant, ainsi qu’Alexey, Team Leader d’une des 6 équipes.

C’était la plus grosse certification en Europe avec une centaine de participants. Les Italiens sont très présents dans la communauté StrongFirst, mais il y avait également des Belges, des Hongrois, des Tchèques, des Polonais… Il y avait même un Canadien, notre ami Louka Kurcer SFG2, assistant dans l’une des équipes. L’enseignement était donc fait en anglais avec la traduction en italien. Un mélange de cultures, des hommes et des femmes, des personnes très différentes physiquement, intellectuellement, mais avec un point commun à tous : l’amour de la force.

Nous avons eu la chance de suivre l’enseignement de deux Masters SFG : Fabio Zonin et Jon Engum. Un duo charismatique, positif, stimulant avec une envie palpable de partager ses connaissances. Le curriculum est commun à toutes les certifications, mais chaque Master, chaque instructeur a sa propre façon de le transmettre.

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Le déroulement

Les deux premiers jours, nous avons passé en revue tous les exercices fondamentaux de la préparation physique avec Kettlebells. Le premier jour : le Swing et le Relevé. Le deuxième jour : le Clean, le Press, le Squat, le Snatch. Je n’ai pas compté les répétitions, mais il y en a eu beaucoup !

Nous travaillions en binôme. Chacun à notre tour, nous exécutions les exercices demandés. Notre but était de permettre à notre binôme d’observer et de corriger notre technique sous le contrôle du Team Leader ou d’un assistant. Pour ma part, j’avais un super binôme, une Sarde, Cinzia Mura. Elle ne parlait quasiment pas anglais, mais ça ne nous a pas empêchées de bien travailler et de nous comprendre. Comme quoi, la force est un langage universel !

Le soir du deuxième jour, nous avons fait une grande soirée avec cuisine italienne, vin italien, un groupe de hard rock en live et pour clou du spectacle, le challenge de « Iron Maiden & Beast Tamer ». C’était vraiment génial, surtout la veille des évaluations où la pression commence à monter.

Le troisième jour est le grand jour. Après deux journées d’efforts intenses et avec les courbatures accumulées, les ampoules éclatées et la fatigue mentale, c’est le moment des évaluations. A l’époque, ça commençait par l’épreuve la plus redoutée : le Snatch test. 100 répétions en 5 min avec, pour ma part, un Kettlebell de 16 kg. C’est le test que l’on appréhende le plus, car beaucoup de futurs instructeurs ne le réussissent pas le jour J. Ce fut mon cas.

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Le Snatch test

J’ai raté mon Snatch test. Ce fut une grande déception, car avant la certification, j’avais déjà fait 107 répétitions en 5 min. J’étais presque sûre que ça passerait sans trop de difficulté. Lorsque le chrono est parti, j’avais plein d’énergie et je pensais que ça allait rouler. Or, au bout de 80 répétitions, j’avais les mains qui glissaient avec la transpiration, mais je n’avais pas le droit de remettre de la magnésie.

30 degrés, chaleur humide, je n’avais pas pris en compte tous ces paramètres. A un moment, j’ai cru que j’allais lâcher le Kettlebell. J’ai donc essayé de le retenir avec la main libre… et ce fut la disqualification. Heureusement, quand on échoue sur une à trois des épreuves, on peut encore envoyer une vidéo à notre Team Leader au plus tard trois mois après la certification. S’il/elle la valide, on passe la certification. Donc, ça permet de garder l’espoir.

Mais j’étais dégoûtée, c’est le mot. J’ai quand même repensé à Fabio Zonin qui nous a raconté qu’il avait raté son Snatch test lors de sa propre certification. J’avais les mains en sang, j’avais mal et je pensais déjà que les épreuves techniques m’attendaient… Comment réussir à valider une seule des techniques avec la peau des mains complètement arrachée ?

Je n’avais jamais eu aussi mal aux mains. Pourtant, je suis habituée à ce genre de douleur. J’avais vraiment envie de pleurer, mais je me suis vite rappelée que j’étais là pour être « strong first ». Ça passe aussi par le mental. J’ai donc arrêté de m’apitoyer sur mon sort et je suis allée voir comment ça s’était passé pour Ronan. Bonne nouvelle, il avait réussi son Snatch test. La force des autres nous aide aussi à avancer. Il était déçu pour moi, mais toujours positif, tout comme Serge et Alexey.

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Les test techniques

Serge m’a aidé à soigner mes mains et à les recouvrir de sparadrap pour essayer de continuer sans douleur. En vain. J’ai tenté de faire un Double Clean et c’était horrible ! Sachant qu’il y avait 5 Doubles Cleans à faire… Ça me semblait perdu d’avance. Ne parlons pas des Snatches.

J’ai donc commencé à réfléchir, à calculer. Je réussirais la technique du Press, du Double Squat, du Relevé et peut être du Swing. J’essayais d’être positive, mais j’avais la mine déconfite. Je le sais parce que Claire Booth, SFG 2, l’assistante qui traduisait les instructions de l’évaluation en anglais, est venue exprès me rassurer. Ses encouragements m’ont aidée et motivée à montrer de quoi j’étais capable, malgré la douleur et la déception par rapport à mon Snatch test.

J’ai attendu mon tour en me répétant « Force », en pensant que ce n’était que quelques secondes de douleur à subir. Et j’y suis allée en serrant les dents. Honnêtement, je n’ai pas senti la douleur durant toute l’exécution des techniques. Incroyable ce dont l’esprit est capable ! En revanche, dès que l’épreuve s’arrêtait, la douleur revenait encore plus forte. Au final, j’ai réussi à valider toutes mes techniques ! Je n’avais plus qu’à valider le Snatch test chez moi et ce serait bon, je serai instructrice.

A l’issue du test d’évaluation, nous avons fait une grande réunion avec tous les candidats, les assistants, les Team Leaders, Fabio et Jon. Ils nous ont parlé du système StrongFirst, de nos valeurs, de notre engagement et ce qu’il signifie pour chacun d’entre nous. A cette occasion, nous avons écouté les discours de Massimo Bonora, SFG Team Leader et de Louka Kurcer, SFG 2. C’était très émouvant. Encore une fois, j’ai compris pourquoi j’étais là. Pourquoi notre but est de devenir plus forts, que ce soit dans notre vie personnelle ou en tant que personne au sein de la société.

StrongFirst - Devenir forte - Jon Engum

Pour finir en beauté…

C’est vrai que la certification SFG 1 est une expérience tellement forte qu’elle fait ressortir tout le meilleur de nous, tous les meilleurs sentiments de cohésion, de fraternité et d’amour d’autrui. Forcément, puisque l’on est entouré de gens qui ont le même but. J’essaie de garder ces meilleurs sentiments dans ma vie au quotidien. Ce n’est pas un discours christique, mais juste un discours positif. C’est tellement compliqué de l’être de nos jours.

Ah oui, j’avais presque oublié !!! Le « Grad Workout » pour finir en beauté ! 22 séries de 2 Double Cleans, 1 Press à gauche, 1 Press à droite et 3 Double Squats avec les mêmes poids qu’au Snatch test. Encore une fois, je ne pensais pas y arriver et pourtant ! C’était terriblement bon ! Tout ça sur du « AC/DC » !

Je suis fière d’avoir vécu cette aventure. Je souhaite vraiment pouvoir motiver certains et surtout certaines d’entre vous à essayer et pourquoi pas, rejoindre la communauté StrongFirst. Cette force que nous travaillons tous les jours, ce n’est pas que la force physique, c’est aussi la force mentale.

On a tous nos frustrations, nos complexes, nos démons. Parfois, on les partage avec nos proches et parfois, on les garde au fond de notre cœur, tellement c’est difficile d’en parler. Pour ma part, ma force est une réelle aide dans la vie de tous les jours. Non seulement parce que je me sens totalement indépendante, mais aussi parce que je la connais et je sais qu’elle est physique, mais surtout mentale. Le fait d’avoir été capable de dépasser mes limites pendant ces trois jours a été révélateur.

StrongFirst - Devenir forte - SFG 1 - 2015

Le mot de la fin

Peu importe les difficultés que nous traversons, la rudesse de la vie et parfois des autres, il y a une chose que nous pouvons et que nous devons garder en tête, nous sommes forts. We are StrongFirst !

Il va de soi qu’avant de vous engager dans ce genre d’entraînement, vous devez apprendre la technique correcte de chaque exercice. Pour vous inscrire à une de nos formations techniques « StrongFirst Kettlebell Course » : CLIQUEZ ICI.

Et si vous souhaitez apprendre à enseigner ces exercices à vos élèves ou vos athlètes et devenir vous-même un instructeur StrongFirst, participez à notre prochaine édition française du stage de certification d’instructeurs Kettlebells SFG 1.

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Préparation SFG 1 : le guide complet