Compétence technique : l’effet libérateur de la force

 

La force est une qualité universelle. En dehors de quelques déformations caricaturales, elle donne toujours un avantage. A n’importe qui et dans n’importe quelle situation. La force physique, mais aussi celle du caractère et de la volonté. Dans les sports, nous voyons l’expression de la force dans une barre qui plie sous son propre poids mais que l’athlète réussit à soulever quand même. Ou bien, dans un combat où, au début, un des gladiateurs prend un mauvais coup mais réussit à reprendre l’avantage et au final, domine son adversaire. En revanche, peu, trop peu de pratiquants voient la force comme une compétence technique. Une compétence que l’on peut développer en tant que telle et qui apporte des bénéfices parfois insoupçonnés. Dans l’article ci-dessous, l’auteur explore cet aspect souvent négligé de la force.


Quelquefois, certains de mes élèves persistent à faire leur exercice avec une mauvaise technique. Alors, je leur demande:

Qu’est-ce que tu es en train de faire, exactement ?

Des excuses, j’en entends plein :

  • J’ai du mal à faire une extension complète des hanches dans les mouvements haltéro, alors je n’essaie même plus…
  • Mais si je laissais le dos s’arrondir juste un peu, je pourrais soulever 5 kg de plus !
  • Je dois aller visiter mon chat à l’hôpital, alors il faut que je fasse mes Relevés rapidement…

La force n’est pas une démocratie.

Il n’y a aucun moyen de négocier son passage vers la santé physique. Dans votre poursuite de la force vous n’avez que deux options :

  1. Chercher une compétence technique et laisser la force se développer en conséquence.
  2. Négliger la compétence technique au profit de la performance chiffrée immédiate et laisser les portes ouvertes à la douleur.

Quelle option suivez-vous dans votre pratique ? La seconde ? Alors la douleur vous trouvera. Vous n’avez pas encore mal ? Continuez à faire vos mouvements n’importe comment, cela finira par arriver. Ce n’est pas une question de si mais de quand la douleur viendra. En revanche, en faisant les choses correctement et patiemment, vous deviendrez plus fort. Vous vous sentirez et vous bougerez mieux. Et vous ne connaîtrez pas la douleur.

Il n’y a pas d’autres options. Pendant plus de trente ans j’ai fait exactement le contraire. Mais StrongFirst m’a corrigé avec son concept central :

La force est une compétence technique.

Ma réalité d’avant : la force fait toujours mal

A quatorze ans, je m’approchais d’1 m 80 pour 86 kg (sur le chemin de mon 1 m 95 et 105 kg à la fin de mes études secondaires). Mais mon esprit ne calait pas vraiment avec mon corps. J’étais calme et timide, pas du tout agressif. J’aimais lire et démonter des trucs. J’écrivais des poèmes, me baladais en vélo et de manière générale, passais beaucoup de temps seul. Mais à cause de mon gabarit on me mettait beaucoup de pression pour faire du sport. Principalement, le football américain, le basket et l’athlétisme. Je m’éclatais pas mal avec les gens que je rencontrais dans ces activités, mais je n’y faisais pas d’étincelles. J’étais à peine dans la moyenne.

Compétence technique - Greg Woods jeune

Ce n’est pas comme si je ne voulais pas être fort. Tout le monde le veut de manière plus ou moins inconsciente. Nous voulons être forts mais nous n’élaborons pas de plan pour le devenir. Malgré mon gabarit, je ne cherchais pas à devenir fort. Parce que le souvenir le plus persistant que j’ai gardé de mon entraînement de cette époque était cette simple réalité : cela fait mal.

Tout au long de mes trente premières années, je ne me souviens pas d’une seule répétition où j’aurais ressenti de la joie. Après le sport à l’école, j’ai essayé plein de choses. Les exercices d’isolation sur les machines. L’entraînement avec des poids libres (et lourds). Le jogging. Tout faisait mal.

L’entraînement douloureux : au bord d’un précipice

En tant qu’ancien « gros », je n’ai jamais arrêté complètement de faire de l’exercice. Mais j’avais mon mode de fonctionnement particulier. Je commençais par tomber amoureux d’une forme d’entraînement qui faisait moins mal que d’habitude. Puis, j’en faisais tellement qu’elle aussi devenait une source de douleurs. Je pédalais comme un fou jusqu’à ce que mon dos devienne douloureux en permanence. Je courais jusqu’à ce que mes genoux, mes pieds et mes hanches commencent à craquer et finissent par me lâcher. Etc.

Et ensuite, je suis tombé amoureux du cross training. Je pensais que j’avais trouvé la solution miracle dans cet entraînement si varié. Et pourtant, en dépit de ma volonté de faire les choses correctement, j’ai toujours eu ce sentiment d’être au bord d’un précipice.

No pain, no gain : vous connaissez sans doute ce slogan. Parfois je disais aux gens que j’avais mal, mais la réponse était toujours du genre :

Si tu crois que tu as mal maintenant, attends d’avoir quarante ans !

Je ne voulais pas être le genre de personne qui se laisse aller à cette façon de penser. Cela m’a amené à abandonner mon boulot et à devenir coach à l’âge de trente ans. C’était le meilleur changement de carrière que j’aurais pu faire ! Et pourtant, quatre ans plus tard j’étais sur le point de brûler mes ailes. Je ne l’ai jamais dit à personne, mais le SFG 1 devait être ma dernière certification.

J’étais rempli de doutes. Fatigué. Malade de douleurs, d’inconfort et de tous ces petits bobos qui accompagnent souvent l’entraînement régulier sur le long terme. Je me demandais si je ne devais pas reprendre un boulot « normal ». Mais j’avais déjà réglé ce truc StrongFirst à Atlanta. Autant y aller.

La force est une compétence technique : la révélation

En ce qui concerne le cross training, je n’étais pas exceptionnel. Mais pour un pratiquant amateur, je pensais être au-dessus du lot quant à mon attention aux détails et à ma compétence technique. J’étais sans doute un peu trop sûr de moi en allant à la certification SFG 1. En particulier, par rapport au Relevé avec KB. Il a toujours été un de mes mouvements favoris. Alors, quand nous l’avons abordé, je me suis permis un sourire connaisseur. Jusqu’à ce que l’on passe à la pratique.

Enthousiaste de démontrer ma maîtrise, j’ai saisi un KB et fait un Relevé. Puis, revenu sur le dos, j’ai découvert quatre ou cinq paires d’yeux me regardant d’en haut. Quelques coachs des autres équipes se sont approchés au cours de mon exécution. Tour à tour, ils ont pointé les erreurs techniques que j’avais commises. Quand ils en ont fini avec mon Relevé, mon pauvre ego était en miettes.

Compétence technique : le Relevé avec KB

Ce n’était pas le seul coup que mon ego a reçu ce weekend. Quand ils ont décrit le Beast Tamer Challenge, j’ai regardé Jody Beasley, StrongFirst Team Leader. J’ai pensé : « Il a l’air plutôt en forme mais il est relativement mince. Je me demande s’il va être assez fort pour… oh, attends, il l’a déjà réussi. » Pour lui, les trois épreuves avaient l’air facile. Que je sois plus grand et avec plus de cheveux sur la tête n’avait aucune importance. Ce mec-là était plus fort que moi.

La mentalité StrongFirst

La mentalité StrongFirst comporte une sorte de compétitivité, mais elle existe dans les limites des critères de qualité.  Ces critères sont partagés par tous. C’était ce que je cherchais : le challenge de précision. Pas juste un effort physique. La force en tant que compétence technique.

J’étais de retour, revenu à l’époque où j’étais tombé amoureux d’exercices avec des poids libres ! Avant, mes entraînements me faisaient souffrir. Ce n’était pas parce que j’étais physiquement incapable, mais parce que je traitais la force de manière complètement erronée. Je la traitais comme une commodité, un produit que j’achetais avec de la douleur. StrongFirst a changé mon regard. La force est en fait une compétence technique. Quelque chose que l’on pratique de manière délibérée tout au long de sa vie, comme un art.

Et puis, encore une autre chose m’a accroché ce weekend-là. Je ne me suis jamais retrouvé parmi autant de gens qui encouragent tout le monde à se lancer et à devenir indépendant. A la fin du weekend, sur la route du retour je n’arrivais plus à sortir cette idée de ma tête. Je devrais lancer ma propre affaire ! Avant la certification, j’étais sur le point de quitter l’industrie de fitness. Mais là, instructeur SFG fraîchement certifié, j’étais en train de préparer un plongeon que je n’avais jamais osé envisager. Et la plus grande raison de ce plongeon allait devenir ma nouvelle devise : la force libère !

Dans les mois qui ont suivi mon expérience SFG, mon entraînement a complètement changé. Depuis, je prends du plaisir non seulement à chaque séance mais à chaque répétition. Mes Swings et mes Snatches sont plus compacts. Le Pull-up était l’exercice que j’évitais avec des excuses du genre : « Je fais 105 kg, je ne suis pas fait pour ça. » Désormais, je prends le plaisir de le travailler, avec force et contrôle.

Et le meilleur dans tout ça, plus de douleurs !

Si vous n’abordez pas la force comme une compétence technique à maîtriser, alors vous êtes sur le chemin de la douleur. Oui, il est tout à fait possible d’améliorer sa condition physique tout en éprouvant de la douleur. Mais gagner de la force au détriment de la qualité et de la stabilité, c’est échanger une prison pour une autre. Vous devriez plutôt poursuivre la totale perfection du mouvement.

En conclusion

Le weekend de certification SFG 1 m’a transformé. Il m’a appris à être fort, à faire mes mouvements délibérément et de manière contrôlée. Aujourd’hui, une des premières choses que j’apprends à tous mes nouveaux élèves, c’est que la force est une compétence technique qui se maîtrise. Alors, il faut la traiter comme toutes les autres compétences en la pratiquant avec patience. Atteindre vos objectifs ne doit pas vous faire mal.

La force est une compétence technique


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