Certification SFG : le sens de l’engagement

Certification SFG : la concrétisation du projet

C’est au début du 2014 que j’ai formé le projet un peu fou de passer la certification SFG niveau I. J’avais constaté que j’étais physiquement capable de réussir l’épreuve reine des Snatches. La vraie difficulté était de l’affronter dans le cadre de la certification.

En effet, une certification dure trois jours. Les deux premiers sont consacrés à la révision des techniques du curriculum d’instructeur SFG. Le troisième, aux épreuves d’évaluation. Le projet s’est transformé en objectif lorsque je me suis inscrit à la certification programmée en Juin en Italie. Alexey m’avait dit qu’il y serait pour encadrer. 

Mon raisonnement était : « J’ai 41 ans, c’est peut être la seule occasion de ma vie que j’aurai de vivre cette expérience. Cela donne un objectif à mon entraînement : comme lorsque je prépare un examen pour mes dans en karaté. Alors, je me prépare sérieusement et puis, je donne ce que j’ai. Au mieux, j’y arrive ; au pire, j’aurais vécu une super expérience ».

SFG : le sens de l'engagement - Hands on bells !

Obstacle inattendu

J’ai donc continué à me préparer sérieusement. Deux stages supplémentaires RedStarKettlebell ont été d’une aide précieuse. J’ai vu Alexey plusieurs fois le weekend pour des corrections techniques. Et puis, patatras ! juste après un stage au début du mois d’Avril 2014, je me suis blessé à l’épaule gauche. 

Impossible de faire un Press sans me faire mal. Malgré tout, j’ai continué à m’entraîner. Je travaillais tous les mouvements qui n’étaient pas douloureux. J’espérais que tout rentre dans l’ordre pour le weekend de la certification. 

Après plusieurs semaines, j’ai fini par consulter un médecin. Après une échographie, il m’a prescrit des séances de kiné et une infiltration. Compte tenu de la proximité de l’échéance, l’infiltration ne servait à rien. Je me suis donc limité aux séances de kiné. L’objectif était de maintenir le cap sans travailler le Press. Je devais me préserver pour l’épreuve d’examen sur cet exercice. Après tout, je n’avais que 5 reps à faire. 

Je me suis dit : « Tant pis, j’irai à fond, quitte à me faire mal. J’ai déjà fait 5 répétitions de Press à de multiples reprises,. Il n’y a pas de raison qu’au mental, je n’arrive pas à les refaire, même en ayant mal ». Aucun des autres exercices, y compris le Snatch, ne me faisait mal. 2 semaines avant l’échéance, j‘ai réussi un Snatch-test « blanc » avec Alexey . C’était jouable ! 

Certification SFG : jour 1

C’est donc remonté comme un coucou que je suis arrivé en Italie début juin. Le premier jour a commencé par les inscriptions sur place, la pesée et la remise du manuel d’instructeur. Ensuite, venait la première épreuve : celle des tractions. Sur le papier, c’était plutôt facile : 5 répétitions. Mais c’était sans prendre en compte le « hard style » Soit, l’immobilisation totale en bas pendant une à deux secondes, le tirage strict et le maintien une à deux secondes en haut. C’était nettement plus compliqué, d’autant plus que c’était l’examinateur qui donnait le signal de la montée et de la descente.

Alexey me disait que je n’avais aucun souci à me faire au regard de ma préparation. A vrai dire, je n’avais plus fait de tractions depuis plusieurs semaines à cause de mon épaule. Mais remonté comme je l’étais, les tractions ont fini par passer comme une lettre à la poste.

Ensuite, les (environ) 80 candidats à la certification ont été répartis en quatre équipes. Chacune était dirigée par un Team Leader. Parmi eux figuraient notamment Fabio Zonin, Master SFG (PDG de StrongFirst à partir du 1er Janvier 2018), ainsi qu’Alexey. Chaque Team Leader était flanqué de 4 assistants.

Certification SFG, le sens de l'engagement - Fabio Zonin, Master SFG

Au cours de la première journée, je me sentais un peu en décalage sur le plan physique avec les autres candidat(e)s. La plupart d’entre eux étaient coachs privés, instructeurs Crossfit, éducateurs sportifs, et autres professionnels du fitness. Donc, tous bien conditionnés, musclés et plutôt secs. Moi, qui suis costaud, mais avocat de profession. Je suis plutôt en forme par rapport à mes collègues, mais comme un quadra dont ce n’est pas le métier…

Certification SFG : évolution

Cela dit, j’ai observé une chose à mesure du déroulement des journées. Tout le monde s’est retrouvé sur le même plan quant à la fatigue, aux petits bobos, aux nerfs qui lâchent, etc. De mon côté, j’ai survécu sans être un professionnel et en dépit d’une épaule « problématique ». Les épreuves sont donc réalisables pour tout individu motivé et qui s’est préparé sérieusement. Il était également intéressant de constater que beaucoup de candidats étaient des candidates. Je dirais, 1 sur 3. Comme quoi, le travail de force et son enseignement, puisque c’est bien l’objectif de la certification, ne sont pas l’apanage exclusif des mâles Alpha !

Il y avait là beaucoup d’Italiens. Mais les candidats venaient de pays divers. Tchéquie, Hongrie, Grande Bretagne, Luxembourg (notre ami Lionel Malané !) et France, bien sûr (encore que j’étais le seul, en dehors d’Alexey). De même, certains instructeurs venaient des États Unis, de Hongrie, d’Israël, de Croatie, etc. La rencontre et la discussion, même rapide, avec des gens de tous ces pays est en soi une expérience très enrichissante.

L’enseignement était donc dispensé en anglais avec des traductions intercalées en italien. Il en sera d’ailleurs de même pour notre première édition française, le 23-25 Février 2018 à Paris. Le contenu était axé sur la pédagogie StrongFirst appliquées aux exercices fondamentaux du curriculum SFG 1 : Swing, Clean, Squat, Relevé avec Kettlebell (Get Up), Press et Snatch. Avec, bien entendu, plusieurs variations, des éducatifs, des exercices auxiliaires de respiration, de mobilité, etc.

Certification SFG : le déroulement

Le déroulement des journées se passait de la manière suivante :

  • Enseignement « magistral » avec un Master SFG sur les éducatifs d’un mouvement. Pendant les enseignement magistraux, j’ai pris pas mal de notes qui me servent encore aujourd’hui dans ma propre pratique et dans mon travail avec les autres
  • Pratique en équipe avec notre Team Leader et ses assistants. Ils passaient parmi nous pour nous aider à corriger notre technique. De ce point de vue, l’organisation est vraiment efficace, puisque chacun des candidats a systématiquement bénéficié du regard d’un instructeur sur chaque évolution.
  • Une « séance de travaux pratiques » d’une vingtaine de minutes.

Autant dire que les journées étaient bien intenses !

Communauté StrongFirst

A la fin du deuxième jour, Fabio a tenu, devant tous les candidats, un discours sur la communauté StrongFirst. Le propos qui m’a le plus marqué est le suivant. Fabio a raconté qu’après sa propre certification SFG 1, il envisageait un voyage aux États Unis. Pour ne pas arrêter son entraînement, il a demandé à Pavel s’il pouvait aller voir les instructeurs certifiés dans ses villes-étapes pour s’entraîner dans leur « gym ». Pavel lui a dit que, non seulement il le pouvait, mais qu’en plus, les membres de la communauté le recevraient comme s’il était de leur famille.

Fabio nous a confirmé avoir été reçu de la sorte par chacun de ceux qu’il a rencontrés. C’est le sens de la « fraternité de fer » (brotherhood of iron) qui décrit la communauté StrongFirst sur son site Internet. Un groupe de gens passionnés par le développement de la force et son enseignement, prêts à s’entraider les uns les autres dans leur quête, d’où qu’ils viennent dans le monde.

Puis, dans la soirée, les candidats et les instructeurs se sont retrouvés pour un repas gargantuesque dans un restaurant de Vicence. Ça a été un moment sympathique de détente, le calme avant la tempête des épreuves qui commençaient le lendemain matin.

Certification SFG : pratique en équipes

 

A suivre la partie III – Les épreuves…

Épreuves SFG : face à face avec soi-même